Pelomedusa subrufa

Répartition géographique

Cette tortue au large sourire est originaire d'Afrique.

On la trouve dans toute l'Afrique sub-saharienne ainsi qu'à l'ouest et au sud de l'île de Madagascar.

Elle vit aussi bien dans des points d'eau permanents que dans des points d'eau temporaires laissées par les pluies.

Mais toujours dans des hauteurs d'eau peu importantes, car c'est une piètre nageuse.

Taxonomie

Adulte, elle peut mesurer jusqu'à une trentaine de centimètres pour les plus gros mâles.

Mais en captivité c'est une espèce qui dépasse rarement les 20 cm.

Ses pattes sont pourvues de 5 griffes et ne sont pas palmées comme la plupart des tortues aquatiques.

Sa carapace est de forme ovale et très légèrement plus large sur l'arrière.

Sa dossière est plate et de couleur variable (allant du brun foncé au beige, en passant par le vert olive).

Son plastron aussi est de couleur variable (du brun au jaune) et permet d'identifier les 3 sous-espèces existantes (subrufa, nigra et olivacea).

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Sous-espèces

Pelomedusa subrufa subrufa (Lacepede, 1788)

Les écailles pectorales se réunissent au niveau de la ligne médiane du plastron.

Elle vit dans une zone allant de la Somalie jusqu'au Soudan, elle est également présente au Ghana (au sud), en Afrique du Sud et au Madagascar.

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Pelomedusa subrufa olivacea (Schweigger, 1812)

Les écailles pectorales ne se rejoignent pas et sont séparées par les écailles humérales et sa couleur tend vers l'olivâtre.

On la trouve en Ethiopie, au Soudan, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Nigéria, en Arabie Saoudite, au Yemen ainsi qu’au Cameroun.

Pelomedusa subrufa nigra (Gray, 1863)

Les écailles pectorales se réunissent au niveau de la ligne médiane du plastron, lequel est noirâtre ou brun sombre, avec des triangles sombres sur la face plus claire des marginales et des traits sombres sur le dessus de la tête.

On la trouve uniquement en Afrique du Sud.

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 On notera la différence qui permet d'identifier la Pelomedusa subrufa olivacea des 2 autres sous-espèces grâce au plastron (comme le montre ce schéma).

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Maintenance

Il faut lui offrir un aquaterrarium suffisamment spacieux, pas moins de 100x50x40 pour 1 individu.

L’idéal restant 1m20 de longueur pour un spécimen adulte et 1m50 pour deux.

Par contre le niveau d'eau devra être peu élevé, jamais plus d'1,5 fois la hauteur de la tortue, pour faire en sorte qu'elle puisse respirer en surface en se tenant sur ses pattes arrières.

C'est une espèce qui nage peu et mal, et qui préfère se déplacer sur le fond.

D'où le faible niveau d'eau.

Au vu de sa provenance, la gestion de la température de l’eau et de l’air est encore plus importante que pour les autres tortues aquatiques :

elle demande des températures chaudes, avec un minimum de 26-28°C dans l'eau toute l'année obtenu à l'aide d'un thermoplongeur (en dessous de 26° elle subira un fort ralentissement métabolique pouvant lui être fatal).

Cette gestion des températures est d’autant plus primordiale que les spécimens vendus en animaleries sont le plus souvent prélevés dans leur milieu naturel et ne sont pas acclimatés aux températures européennes.

C'est une espèce qui n'hiberne pas et qui craint les températures fraîches.

On ne pourra donc pas la placer en extérieur.

Il est absolument indispensable de lui aménager une partie émergée (elle doit être facile d'accès car cette espèce est généralement assez craintive et stresse beaucoup lorsqu'elle accède à la surface émergée) où elle pourra profiter des rayons UVB, de la température générée par le spot chauffant et où elle pourra se mettre au sec.

Cette plage devra avoir une température supérieure d’un ou deux degrés à celle de l’eau pour éviter toute variation de température pouvant favoriser l’apparition de maladies.

La Pelomedusa subrufa est une tortue qui n’hiberne pas, des températures trop basses peuvent alors s'avérer fatales pour elle.

La mise en place d’un néon ou d'un spot produisant des rayons UVB avec une intensité de 5% (ou 5.0) voire de 7% (ou 7.0) est obligatoire pour la calcification de la carapace (encore plus pour les juvéniles) ; En effet les UVB permettent de synthétiser la vitamine D en vitamine D3, elle même indispensable pour la fixation du calcium.

Comme nous l’avons vu en abordant ses habitudes de vie en milieu naturel, la pelomedusa est une tortue qui s’enterre volontiers dans le sable ; il est alors possible de mettre du sable fin dans le fond de l’aquaterrarium en substrat ou de lui concevoir une plage spéciale avec « bac à sable ». Il faudra alors d’être vigilant à ne choisir qu’un sable fin et non abrasif pour la carapace et à changer régulièrement (et à bien laver) le sable pour éviter qu’il ne devienne un nid de bactéries.

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Cette espèce étant particulièrement sujettes aux mycoses et restant relativement fragile face aux maladies, il faut veiller à lui assurer une eau propre.

Pour cela, il conviendra de prévoir une pompe filtrant environ 4 fois la contenance de l'aquarium par heure (Ex : pour un aquarium avec une contenance réelle de 50 litres, prévoir une pompe à 400L/heure).

Il ne faut hésiter à investir dans un système de filtration d'eau très efficace et de marque car cette tortue passe énormément de temps dans l'eau et par conséquent cette dernière se dégrade assez rapidement.

La pélomedusa n’est pas une tortue agressive de nature envers l’homme même si comme la plupart des tortues, elle peut mordre.

Toutefois, si vous avez pour projet de posséder plusieurs spécimens de Pelomedusa subrufa dans un même aquaterrarium, sachez que l’agressivité entre deux individus n’est pas rare.

Les mâles sont généralement agressifs envers les autres mâles mais aussi les femelles.

Les accouplements sont de ce fait souvent violents et il est conseillé de séparer les couples en dehors des périodes de reproduction.

Il est donc préférable de n’adopter qu’un unique spécimen ou de prévoir l’achat un second aquarium (de taille adaptée et avec toute le matériel de maintenance nécessaire) en cas de l’adoption plusieurs animaux de cette espèce. 

Description

C’est une tortue facilement reconnaissable grâce à ses traits physiques typiques (nez en trompette, yeux clairs et ronds et allure espiègle sympathique) qui en font l'une des tortues les plus répandues en animaleries.

Cette dernière possède un cou assez long et est de ce fait communément appelée "tortue à cou coudé" car elle à la capacité de pouvoir mettre son cou sur le coté et non de le rentrer dans la carapace comme beaucoup d’autres espèces. Elle possède une robe de couleur gris clair à gris foncé, voire brun olivâtre. 

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Dimorphisme sexuel

Comme pour toutes les tortues, il n'est possible de sexer un individu qu’à partir d'une taille de dossière de 10-12cm.

Le dimorphisme de cette espèce est bien diffèrent de celui des TS.

Il se traduit par une étroitesse du plastron du mâle au niveau des membres postérieurs ainsi qu'elle concavité prononcée du plastron ceci afin de favoriser l'accouplement.

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(femelle à gauche)

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La queue est plus longue chez le mâle et son cloaque est plus proche de l'extrémité.

Au contraire la queue de la femelle est plus courte et épaisse, son cloaque lui est plus proche des écailles anales.

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(femelle à droite)

Contrairement aux TS la longueur des ongles des pattes antérieurs du mâle n'entre pas en jeu.

Reproduction

Les accouplements se font assez facilement en captivité à condition de posséder les équipements nécessaires (zone de ponte émergée et assez large, un incubateur).

La femelle peut pondre jusqu'à 42 oeufs, mais n’en pond généralement qu’une quinzaine.

L'incubation des oeufs dure de 80 à 90 jours et à la naissance les jeunes mesurent de 25 à 35mm.

Alimentation

La pelomedusa est une espèce essentiellement carnivore.

Même si à l'état sauvage elle adopte un régime alimentaire de type opportuniste et donc mange tout ce qui se présente (poissons, petits mammifères, végétaux, cadavres d'animaux...), en captivité elle adoptera un régime carnivore à plus de 99%.

On lui fournira du poisson de rivière (truite, gardon, ablette...), des viandes blanches de volailles, des petits rongeurs congelés (souriceaux et ratons de 3 jours), du foie 1 fois par semaine, de petits crustacés (crevettes d'eau douce fraiche, petits crabes, krill...), des mollusques (escargots terrestres, escargots d'eau douce avec coquille), des vers (vers de terre, vers de vase...). On pourra également mettre à disposition quelques végétaux aquatiques en permanence : élodée, laitue d'eau et jacinthe d'eau.

Elle accepte également les granulés, les sticks et les pellets, mais ces produits ne peuvent à eux seuls constituer un repas équilibré propre à assurer la bonne santé de votre animal.

Conclusion

  • Caractère : Assez docile, l'animal est cependant de nature assez craintive.
  • Origine : Afrique sub-saharienne, Madagascar, Arabie Saoudite et Yémen.
  • Biotope : tropical, sub-tropical, varié.
  • Matériel : Pour commencer prévoir un budget d'environs 150 à 200€ pour reproduire son habitat naturel.Le matériel est le même que pour toute tortue aquatique : thermoplongeur, filtration, plage, néon ou ampoule uvb, ampoule chauffante, aquaterrarium de taille adaptée.
  • Moeurs : Tortue diurne.
  • Régime alimentaire : Omnivore à dominante carnivore.
  • Taille adulte : Elle peut atteindre les 32,5 centimètres de longueur de carapace, mais ne dépasse pas en moyenne 20 centimètres de longueur.
  • Espérance de vie : Environ 15 ans en captivité voire bien plus longtemps.